Comment la maternité m’a permis de booster ma carrière

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Comment la naissance de mon fils m’a poussée à changer de vie

Comme les médias nous le rappellent sans cesse, vous pensez que la maternité constitue un frein à votre carrière ? Que vous devez choisir entre exercer le métier qui vous plaît et vous occuper de vos enfants ? Et si, au contraire, le fait de devenir mère représentait une occasion privilégiée de changer de vie ? Si la volonté de concilier vie familiale et vie professionnelle pouvait se révéler une formidable motivation pour développer sa carrière ?
Voici comment, à 34 ans, l’arrivée de mon premier enfant m’a permis de dépasser mes peurs et de créer ma propre entreprise.

Devenir mère ou l’art de se poser les bonnes questions

Un soir d’avril 2019, à la maternité. Après 23 heures d’exercice physique assez intense, mon fils vient au monde. Quelques heures plus tard, après un retour au calme et une bonne dose de « et maintenant, qu’est-ce-que je fais ? », je sens se développer cet amour fou, comparable à nul autre. Nous rentrons à la maison, nous nous installons dans cette nouvelle vie à trois, prenons nos marques. Le temps passe, la fin de mon congé maternité approche. Je suis au chômage, je n’ai donc pas à reprendre le travail au bout de deux mois et demi. Pourtant, le jour J, efficacement encouragée par les hormones, je pleure toutes les larmes de mon corps. Je pleure parce qu’il me paraît inconcevable de laisser mon enfant si tôt. Je pleure, surtout, pour toutes les femmes qui n’ont pas le luxe de choisir. Et là, tout doucement, commence à poindre une angoisse sourde : je vais devoir retourner travailler cinq jours par semaine. Cela signifie laisser mon bébé toute la journée. Je regarde mon fils grandir et s’épanouir, tandis que mon sourire se crispe.

Sortir du salariat : un rêve inaccessible ?

Bien sûr, je n’ai jamais été à l’aise dans le salariat. J’ai changé tant de fois de poste et d’entreprise, tétanisée à l’idée de signer un CDI. Non que le travail se passe mal mais j’ai du mal avec les horaires imposés. Et peut-être un peu avec la hiérarchie. Et, avouons-le, devoir passer ma journée dans mon bureau sans sortir me déplaît. Souvent, je regarde par la fenêtre. À la moindre éclaircie, je peste de devoir « faire mes heures » et de ne pas pouvoir en profiter. Je jette un œil jaloux aux promeneurs chanceux. Parfois, je ne suis pas « dedans », je suis fatiguée. Je sais que je ne suis pas efficace et que je pourrais l’être davantage à un autre moment de la journée. Mais je suis quand même présente, à culpabiliser de ne pas être au top.
Évidemment, plus d’une fois, j’ai eu envie de tout plaquer. Je voulais me mettre à mon compte mais pour quoi faire ? J’ai envisagé le retour à la terre, comme beaucoup. Il m’a cependant bien fallu me rendre à l’évidence : je n’ai pas du tout la main verte. Je sais bien aussi que derrière l’utopie, la réalité est beaucoup plus rude : souvent de longues heures de travail pour un salaire horaire à réjouir le plus capitaliste des patrons. Est-ce que je me sentais prête à embrasser cette vie ? Clairement non, en tout cas, pas tout de suite.
Me voilà donc à chercher du travail avec une conviction proche du néant. Je veux trouver un temps partiel mais : 1) ce n’est pas chose aisée dans mon domaine ; 2) il va bien falloir réussir à cultiver mon jardin si je veux manger autre chose que des pâtes. L’envie de créer mon activité se fait plus pressante mais je ne sais pas vers quoi me diriger. Et puis, comment changer de vie sans argent ? Mes indemnités chômage s’amenuisent. J’ai aussi épuisé mes droits à la formation, je ne peux donc pas reprendre le chemin de l’école. Je regarde mon fils grandir et s’épanouir, tandis que je m’enfonce dans la désarroi.

Booster ma carrière grâce à la rédaction web

Une annonce publiée sur Pôle Emploi m’interpelle. Une entreprise cherche une personne pour rédiger du contenu, de manière très ponctuelle. Intéressée, je débute des recherches pour dénicher des annonces similaires, pour des postes plus pérennes. Je tombe alors sur un univers totalement inconnu : la rédaction web. Je découvre qu’il est possible de gagner sa vie en écrivant et que ce métier peut être exercé de n’importe où. Surtout, je réalise qu’il est possible de devenir autoentrepreneuse. Cela résonne en moi : n’ai-je en effet pas été immatriculée huit ans auparavant, en tant que rédactrice-traductrice ? N’ai-je donc jamais gagné le moindre centime, paralysée par le manque de confiance en moi et mon incapacité à aller chercher des clients ?
J’en ai le souffle coupé : j’aperçois la lumière au bout du tunnel. Très vite, je tombe sur des avis positifs sur une formation à distance et abordable, celle de Lucie Rondelet. Le lendemain, je suis inscrite. Je n’ai pas pris le temps de regarder tout le contenu disponible sur ce métier. Je n’en ai pas discuté pendant des heures avec mes proches. Je me suis lancée parce que je sentais qu’il y avait une opportunité à saisir. Je sens alors l’étau autour de ma poitrine se desserrer un peu.
Je débute la formation et me rends compte de l’immensité du marché et de la diversité de l’offre. Je réalise qu’il y a de la place pour moi aussi. Que oui, mon goût pour le français, cultivé depuis l’enfance, peut finalement me servir. Qu’il y a des gens qui sont payés pour se documenter, aller chercher des informations et rédiger. Le rêve, à mes yeux ! Je regarde mon fils grandir et s’épanouir, tandis que je reprends espoir.

Être autoentrepreneuse, mes premiers pas vers l’indépendance

Est-ce que j’ai peur de l’échec ? Oui.
Aller démarcher des clients et me vendre me donnent-ils des sueurs froides ? Assurément.
N’ai-je jamais aussi souvent fait le ménage pour éviter de m’assoir devant mon ordinateur ? Sans aucun doute.
Bien sûr, la peur et son bras armé – la procrastination – me ralentissent. Mais ils ne m’arrêtent pas. Parce que l’envie de mener la vie que j’ai choisie est plus forte. Parce qu’il me suffit de penser que le temps que je peux consacrer à mon enfant pourrait être considérablement réduit. Et parce que, au-delà de mon petit garçon, je veux pouvoir être fière de moi et exercer le métier qui me convient le mieux.
Aujourd’hui, je n’ai plus peur du travail sur le long terme. J’ai enfin réussi à identifier mes compétences et mes points forts et à les mettre à profit. Je sais que ma rémunération est directement corrélée à mes efforts et qu’il ne tient qu’à moi de gagner correctement ma vie. Pas à mon patron. À moi.
Aujourd’hui, je regarde mon fils grandir et s’épanouir, tandis que j’ai foi en l’avenir.

Se reconvertir ou créer son entreprise: c’est parti !

La maternité m’a permis de me poser les bonnes questions et d’aller en chercher les réponses. Je rêvais d’entreprendre mais je n’agissais pas. Sans la naissance de mon fils, je serais repartie vers le salariat et j’aurais continué à regarder par la fenêtre. Mère, mère en devenir, mère « oui mais pas tout de suite », ou jamais mère, toutes nous pouvons choisir de changer de vie. Quelles que soient nos compétences ou nos appétences, il existe des pistes à explorer et des leviers à actionner.
La source de notre motivation est propre à chacune d’entre nous, elle doit juste être assez forte pour permettre de franchir les obstacles… et faire partie de celles qui osent.

Laurence Michaud.

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crédit photo Camille Thual